24 janvier 2008
Fonctionnaires : 400.000 manifestants en France selon la CGT
> C'est 300.000 de moins que les chiffres communiqués par le syndicat lors de la dernière journée d'action, le 20 novembre.
> 11,7% de grévistes dans la fonction publique territoriale, 34 à 55% dans l'Education nationale.
> Polémique sur le service minimum dans l'Education.
Quelque
"400.000" personnes, fonctionnaires essentiellement, ont manifesté,
jeudi 24 janvier, dans toute la France pour demander des hausses de
salaires, selon une estimation de la CGT annoncée par Jean-Marc Canon,
secrétaire général de la CGT-Fonctionnaires. "Selon un recensement
partiel de la CGT, basé sur environ deux-tiers des villes, nous avons
décompté 310.000 manifestants au niveau national jeudi dans les rues,
et selon nos projections, nous atteindrons quelque 400.000 au total", a
déclaré à l'AFP Jean-Marc Canon. Le 20 novembre, lors de la dernière
journée d'action pour les salaires dans la fonction publique, la CGT
avait comptabilisé quelque 700.000 manifestants au total en France,
tandis que la direction générale de la police nationale (DGPN) en
recensait seulement 375.000.
"Oh hisse le point d'indice"
Des manifestations ont eu lieu à Paris comme en province à Caen,
Strasbourg, Le Havre, Le Mans, Nantes, Bordeaux, Grenoble ou Nice. A
Paris, de 17.000 à 35.000 fonctionnaires, enseignants, postiers,
infirmières ont défilé à Paris en scandant "oh hisse pour le point
d'indice" pour demander des augmentations de salaires et contester les
réductions de postes.
Sept syndicats (CGT, FSU, CFDT, FO, CFTC, Unsa et Solidaires) ont
appelé plus de cinq millions de fonctionnaires à la grève pour réclamer
des négociations "en urgence" sur les salaires et protester contre les
suppressions de postes.
Le ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth a annoncé
un taux de grévistes de 20,6% à la mi-journée dans la fonction publique
d'Etat (2,5 millions d'agents sur 5 millions de fonctionnaires), contre
un peu plus de 30% à la mi-journée le 20, sur les mêmes mots d'ordre.
A Paris, Bordeaux, Lyon, Strasbourg et Grenoble
Dans la capitale française, le nombre de manifestants s'élevait à
17.000 selon la police et à 35.000 personnes, selon les syndicats. Le
20 novembre, lors de la dernière manifestation unitaire sur le même
sujet, les syndicats avaient compté 70.000 manifestants dans le cortège
parisien et les policiers 30.000. Le défilé a commencé à 14H45 et la
tête de cortège est arrivée place Saint Augustin aux environs de 17H00.
D'après les premières estimations, entre 6.500 personnes selon la
police et 15.OOO selon les organisateurs ont défilé dans les rues de
Bordeaux, parmi lesquels de nombreux enseignants. Le cortège s'est
ébranlé peu avant midi depuis la place de la République, derrière une
banderole proclamant "Pour les salaires, les emplois, le service
public. Tous ensemble dans l'action et la grève".
"Progrès social contre force du mal !", scandait aussi le cortège, qui s'est désagrégé vers 14H00.
A Lyon, quelque 7.000 personnes, selon la police, 10.000, selon les
organisateurs, ont manifesté jeudi en début d'après-midi à Lyon, dans
le cadre de la journée d'action des fonctionnaires. Le cortège était
constitué à plus du tiers par des enseignants. Peu de représentants du
secteur privé étaient présents.
Entre 1.900 personnes selon la police et 3.000 selon les organisateurs
ont manifesté dans les rues du centre-ville de Strasbourg. Le cortège
s'est élancé peu après 11h00 de la place de la Bourse derrière une
banderole où était inscrit: "Intersyndicale, salaire-emploi-service
public".
A Grenoble, plus de 3.000 personnes, selon la police, plus de 6.000,
selon les organisateurs, ont manifesté dans les rues de Grenoble, dans
le cadre de la journée d'action des fonctionnaires.
Les manifestants, venus de l'ensemble du département de l'Isère, ont
défilé derrière une banderole de tête où l'on pouvait lire: "pour
l'augmentation du pouvoir d'achat dans la fonction publique".
A Lille, Toulouse et Marseille
Environ 4.000 fonctionnaires, selon les organisateurs et la police, ont
défilé à Lille. "Président 'bling-bling'! Tous les salariés voudraient
que ça fasse 'bling-bling' dans leur porte-monnaie", "Moins de Carla!
plus de pouvoir d'achat!" ou "Rolex et Ray-Ban pour le chef de l'Etat,
mais pour les salariés, moins de pouvoir d'achat!", ont notamment
scandé des manifestants, dont une grande partie de fonctionnaires de
l'Education nationale.
Environ 15.000 selon les manifestants et 6.500 selon la police étaient
présents dans les rues de Toulouse. Près de 7.000 personnes selon la
police, plus de 30.000 selon les organisateurs ont répondu à l'appel de
l'intersyndicale à Marseille. "On veut une augmentation générale des
salaires même si Sarkozy n'est pas d'accord. Le pouvoir d'achat est la
principale préoccupation des Français. Il est temps qu'il s'en soucie",
a déclaré Mireille Chessa, secrétaire départementale CGT des
Bouches-du-Rhône.
Réunion le 18 février
Dans la fonction publique territoriale, 7% des agents étaient en grève
à la mi-journée et dans les hôpitaux publics, la direction faisait état
d'un taux de grévistes de 11,7% à midi.
Eric Woerth, qui a jugé le mouvement "totalement inutile", a indiqué
qu'il proposerait le 18 février aux syndicats une augmentation du point
d'indice - base de calcul aux traitements - pour 2008.
Les sept fédérations à l'origine du mouvement (CGT, CFDT, FSU, FO,
Unsa, Solidaires, CFTC) réclament l'ouverture "en urgence" de
négociations sur le point d'indice, "pierre angulaire" du pouvoir
d'achat selon elles.
Eric Woerth n'a toutefois avancé aucun chiffre, réaffirmant sa volonté
de mettre en place un mécanisme individuel de garantie du pouvoir
d'achat, avec d'autres critères que le point d'indice.
Dans l'Education, un secteur qui supporte la moitié des suppressions de
poste prévues en 2008 dans la fonction publique d'Etat (11.200 sur
22.900), le mouvement était suivi par 34,21% des personnels en moyenne
à la mi-journée, contre 38,9% le 20.
La FSU, principale fédération d'enseignants, a avancé quant à elle une
moyenne 55% de grévistes dans les collèges et lycées (58% le 20). (avec
AFP)
ECLAIRAGE :
- L'appel à la grève sur le site de la CGT
- Les quatre raisons de faire grève, pour la FSU
- L'appel de la CFDT
- Le tract de Solidaires
- Les arguments de FO
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